Le titre suffit à montrer la loufoquerie de ce premier projet,
le
résumé qu'en fait Michel Hazanavicius aussi:
"On a fait ce petit
programme de 15 minutes
où on a pris des héros de séries télés
comme
Maigret, et on les a fait péter et dire des conneries",
tout en gardant
les images d'origine.
Après un deuxième court métrage réalisé la même année, en 1992,
(Ça détourne),
Robert Nador propose un défi de taille au duo.
Nous sommes en 1993 et
Canal+ souhaite rendre un hommage
au cinéma américain.la warner delivre alors imprudemment l'autorisation
signée de la main du patron de la Warner monde
d'utiliser les extraits de son catalogue (env 3000 titres)
afin de realiser
un petit flim parodique et promotionnel,
avec néanmoins quelques recommandations:
ne pas toucher, entre autres, ni à Eastwood ni à Kubrick,
pour le reste, totale liberté.
C'était, à l'époque, sous-estimer le potentiel de l'humour Canal
(cul'un mouton toussa) et surtout de sir Hazanavicious et Mezerette.
Leur tour de force fut alors de s'adjoindre les services des authentiques
doubleurs de l'époque des personnages detournés: les voix de Raymond Loyer (le doubleur attitré de John Wayne), de Marc Cassot ( la voix de paul newmann )
et de Roger Rudel, (la voix familiere et nasillarde de Kirk Douglas
et Richard Widmark entre autres).
Ces respectables vieux doubleurs ont du y voir l'occasion de bien se marrer,
tout en se
liberant du poids de l'étiquette de leurs personnages
Notez qu'aux cotés de ces légendes du doublage, ont collaboré des
personnalités nettement moins academiques, en la personne de : Jean-Yves
Lafesse, Sir Alain Chabat, ou encore Dominique Faruggia...
Le fait est qu'au final le résultat s'avère bluffant et l'illusion parfaite.
Et c'est une claque magistrale que se prirent
les quelques privilégiés incredules
( moi compris ) possédant à l'époque Canal+ le 31/12/93 (1ère diffusion).
On avait encore jamais entendu John Wayne sortir
avec sa vrai voix des répliques du genre :
\
" J’ai envie d’aller aux gogues."
\
" J’ai les bonbons qui collent au papier "
\
"Tu vas voir la classe. Putain de zen. Nardine."
Peu de gens ayant alors pu enregistrer sur leurs magnetoscopes
les 2 ou 3 rediffusions des semaines suivantes,
cet ovni est devenu rare, confidentiel et "underground":
un objet (de) culte par excellence,
un flim jamais commercialisé, dont la légende ne pourrait être dorénavant
transmise que par le bouche a oreille ou les projections privées.
10 ans plus tard, nos vieilles cassettes VHS fatiguées étaient
sur le point de rendre l'âme quand apparut le phénomène peer to peer
(çaÿ mal , mais incontournable pour voir ce "flim" ) qui relança sa diffusion
et propagea ce phénomène Kûlte chez la nouvelle génération.
Il n'existe pas en DVD/VHS dans le commerce, essentiellement en raison
des multiples, couteux et problématiques droits d'auteurs nécessaires...
Finalement, ça n'est pas plus mal, car le trouver en DVD en grande surface
avec ses petits bonus et ses featurettes
démystifierait une bonne partie de la legende .
Néanmoins, un DVD non-officiel de la meilleure qualité possible
aurait été créé par des aficionados , suite à l'emprunt discret et temporaire
du master dans la videothèque de Canal +
(Deul, respect éternel de la communauté )
Hazanavicius et Mezerette gardent la recette qui a fait le succès
des deux premiers détournements: faire dire des âneries,
des blagues
pipi-caca à des légendes du cinéma.
Pendant 4 mois, ils visionnent à
longueur de journée les classiques Warner,
sans le son, et conservent
les passages en fonction de
ce qu'ils lisent sur les lèvres des
personnages.
"Il y a un extrait qu'on voulait absolument conserver.
On y voyait
Charles Bronson jouer un indien.
Sans le son, on avait l'impression
qu'il disait 'Chips'.
Ce passage n'avait aucun intérêt mais il était
très drôle",
raconte Michel Hazanavicius.
Restait le plus difficile à faire: organiser cette banque d'images.
"On savait que le film était programmé pour le jour de Noël
et il
fallait qu'on trouve un scénario, se souvient Michel Hazanavicius.
On a
donc étalé toutes nos notes par terre, chez moi.
Sur deux pièces
y'avait des trucs partout et on s'est dit, voilà,
avec toutes ces
conneries qu'est-ce qu'on fait?
On a choisi de copier la trame de Citizen Kane,
une construction en escargot,
avec des flash-backs qui racontent la vie
d'un homme.
Avec le catalogue Warner, on avait plein de séquences
dans
lesquelles jouaient de grands acteurs.
On a pensé au mythe John Wayne.
La classe.
" A la façon Citizen Kane, des journalistes rencontreraient
des proches de John Wayne (George Abitbol dans le film) et tenteraient
de comprendre pourquoi au moment de mourir, il avait dit "Monde de
merde".
Voilà La Classe américaine: un film de 1h20,
créé avec les
extraits de plus de 80 films tirés du catalogue
des Studios Warner
Bros, redoublés par les voix françaises
des plus grands acteurs
américains, organisé autour d'un scénario
piqué à Citizen Kane,
avec le plus beau casting jamais réuni.
Dit comme cela, ce film ne semble pas bien légal,
d'autant que les
deux compères n'ont jamais payé pour utiliser ces extraits.
Et
pourtant, aussi étonnant que cela puisse paraître,
Dominique Mézerette
et Michel Hazanavicius n'ont jamais fait l'objet de poursuites
judiciaires, ni même de menaces de la part d'avocats
défendant les
intérêts de la Warner.
Comment sont-ils passés entre les dents des requins
défendant l'un
des plus grands studios américains?
Par un heureux concours de
circonstances. Michel Hazanavicius se souvient:
"Le patron de Warner
monde nous avait autorisé
à utiliser le catalogue de son studio pour
faire un pseudo hommage au cinéma.
Quand les dirigeants ont vu notre
truc,
qui n'était pas du tout un hommage au cinéma,
mais un truc de
sagouin, ils se sont dit:
'On s'est engagé, c'est bien, on l'a fait.
Maintenant, on le diffuse une fois, et après on met les bandes sous
clé.'"
Robert Nador avait promis au duo que ce détournement serait diffusé au
cinéma
pour les convaincre de s'engager dans cette longue aventure.
Raté.
Le film n'aurait le droit qu'à une unique diffusion.
"Sauf qu'on
a chopé un exemplaire,
que des mecs de Canal aussi et que des
téléspectateurs l'avaient enregistré.
Le film s'est alors échangé sous
le manteau", explique Michel Hazanavicius.
Pour Dominique Mézerette, Warner ne pouvait se lancer
dans une
procédure judiciaire. "C'est eux qui avaient commis une faute
en nous
laissant utiliser leurs images.
Dans cette histoire, il y a eu une
succession de conneries".
Une connerie, c'est aussi ce qu'est La Classe américaine
pour le duo.
Rien de plus. "Avec ce film, nous n'avons pas fait un
rond. Canal, non plus.
La Warner, non plus. Tout le monde s'est
retrouvé marron.
Je crois qu'à l'arrivée les seuls qui ont fait un peu
d'argent,
ce sont les marchands de tee-shirts, qui imprimaient des
répliques dessus".
Même sans faire de bénéfice, le principe du détournement
est
nécessairement lié à celui du piratage.
Au début des années 90, le
phénomène ne connaissait pas
l'ampleur qu'il a pris aujourd'hui.
Youtube, c'était le bon vieux magnéto,
le fichier .avi une VHS
difficile à envoyer à des dizaines de personnes,
si ce n'est dans des
enveloppes dûment timbrées.
Mais les deux phénomènes vont de paire.
Que pensent d'ailleurs les
deux réalisateurs du téléchargement illégal?
Pour Michel Hazanavicius,
le piratage ne tue pas forcément la création.
"C'est plutôt quelque
chose qui permet à tout le monde
d'avoir accès à la culture. C'est
compliqué de donner un outil aux gens
qui leur permet de découvrir la
culture gratuitement,
puis après de leur dire, faut pas s'en servir."
Dominique Mézerette est lui plus catégorique encore:
"Je suis
convaincu que le droit d'auteur est une imposture.
Le piratage est
nécessaire. Cette loi, j'espère qu'elle ne verra jamais le jour"
contient des extraits de l'interview de Matthieu Deprieck,
Clément Sautet, pour l'express.fr
Enfin si vous etes un puriste Taliban, Attention également a ne pas ceder
a la tentation ( sous pretexte d'afficher votre appartenance a une tribu )
d'acheter des t-shorts ou des casquettes sur ce site ( je ne leur ferais pas de pub en mettant ici un lien ) qui se fait du fric
sans aucune légitimité en récuperant les visuels et répliques cultes du Grand Détournement : sheraf, le orlando's, monde de merde, cyclimse, etc...
En plus quand on écrit georges au lieu de george ( se referer au génerique du flim ) ,
tout ce qu'on mérite c'est de chopper une mega-chiasse
La Dialectique peut elle casser des Briques , - René vienet 1973
René Vienet
René Vienet est expulsé de Chine en 1966 alors qu'il y est étudiant, pour avoir osé denoncer la mystification de la "grande revolution prolétarienne".
Il rejoint Paris et devient, avec Guy Debord un des maîtres à penser du journal de "l'Internationale Situationniste", qui, à la veille des évenements de 68 est un des courants les plus virulents.
Sorte d'idéologie d'anarchistes intellectuels de St-Germain-des-prés, le situationnisme critique les dérives de notre societé de consommation capitaliste et prône une révolution permanente de la vie quotidienne, en remettant en cause chaque ambiance et situation momentanée de la vie.
Le détournement cinématographique est notamment un moyen de l'exprimer. C'est pourquoi après avoir publié de nombreux ouvrages sur la Chine Populaire, René Vienet s'y essaiera avec ce détournement d'un film de kung-fu de1972, Tang shou tai quan dao :
"La dialectique peut elle casser des briques?" détourne les dialogues d'origine en faisant appel a de nouveaux doubleurs, contrairement aux films de Guy Debord qui detourne le sens des films en recitant un texte en voix off.
On peut dire que c'est le premier "grand détournement" (dans le sens ou on l'entend aujourd'hui) du cinema français
Notez dans les doublages la présence de Patrick Dewaere et de Jacques Thebault (la voix de McGoohan dans le prisonnier).
"Directed" by the French situationist Rene Vienet, this film is an exercise in intellectual absurdity. A Hong Kong martial arts movie overdubbed with French political diatribes and philosophies, designed to entertain and amuse, while proving a number of artistic and political points.
The "story" details the epic battle between the proletariats and the bureaucracy, with a martial arts school as the utopian commune. Filled with amazingly absurd humor and political satire that will make you feel all intellectual inside, it’s an amazing combination of near slapstick comedy and Godardian experimentation. In many ways it seems that Vienet was trying to make some very important statements, such as the way cinema feeds ideology and his intense anger over the sad failure of socialism. It is also considered the only remaining film vision of the situationist's technique, détournement - the diversion of already existing cultural elements to new subversive purposes. But overall, this comes off as a kind of Mystery Science Theatre for fans of Guy Debord and Wilhelm Reich. www.5minutestolive.com
j'aime bien mettre des textes en anglais , ça fait tout de suite plus credible.
le premier detournement français fut revolutionnaire a tous les sens du terme
"[...] Il va de soi que l'on peut non seulement corriger une oeuvre ou intégrer divers fragments d'oeuvres périmées dans une nouvelle, mais encore changer le sens de ces fragments et truquer de toutes les manières que l'on jugera bonnes ce que les imbéciles s'obstinent à nommer des citations [...] "
( mode d'emploi du détournement - Guy Debord 1956 )
Reflexion visionnaire qui avait deja défini les bases du détournement il y a 50 ans
Guy Debord sociologue theoricien revolutionnaire fondateur du courant situationiste est ; entre autres l’auteur de six films, réalisés entre 1952 et 1978 , qui ont posés les premieres bases du detournement , a savoir se reapproprier une œuvre en donnant un autre sens a l'image que celui d'origine voulu par l'auteur.
Techniquement, il n'employe pas la méthode du doublage mais de la voix off sur des films publicitaire insipide ou film hollywoodien des années 40 - 50
mais l'oeuvre de guy Debord, ça peut etre génial / intello-chiant, selon si on est porté sur la philo et la théorie politique ou pas.
La théorie de Debord est que, après l'échec de toutes les révolutions prolétariennes et la tendance du capitalisme moderne à devenir avant tout une industrie du spectacle, seul le détournement du spectacle peut vaincre le capitalisme Il n'avait pas prévu que l'industrie du spectacle intégrerait dans le spectacle lui-même son propre détournement .
Fidele a ses convictions, Debord s'interdira lui meme a la projection en salle en 1984.
au debut de son dernier film " in girum..." il commence par destabliliser le spectateur en lui renvoyant a l'ecran son propre reflet et en l'avertissant qu'il ne trouvera au cinema qu'un mensonge et non cette evasion qu'il etait venu chercher.
"Je ne ferai, dans ce film,
aucune concession au public "
« Ainsi donc, au lieu d'ajouter un film à des milliers de films quelconques, je préfère exposer ici pourquoi je ne ferai rien de tel. Ceci revient à remplacer les aventures futiles que conte le cinéma par un sujet important : moi-même. »
" Oui, je me flatte de faire un film avec n’importe quoi ; et je trouve plaisant que s’en plaignent ceux qui ont laissé faire de toute leur vie n’importe quoi. "
puis, la camera s'attarde longuement sur des images publicitaires censées representer un certain idéal de bohneur, caracterisé par la consommation et la possession de biens materiels , mais les commentaires en voix of de guy Debord les detournent de leur sens originel :
" Ce sont des salariés pauvres qui se croient des propriétaires, des ignorants mystifiés qui se croient instruits, et des morts qui croient voter. "
" Ils ressemblent beaucoup aux esclaves, parce qu'ils sont parqués en masse, et à l'étroit, dans de mauvaises bâtisses malsaines et lugubres ; mal nourris d'une alimentation polluée et sans goût ..."
" Leur statut peut être plutôt comparé au servage, parce qu'ils sont exclusivement attachés à une entreprise et à sa bonne marche, quoique sans réciprocité en leur faveur ; et surtout parce qu'ils sont étroitement astreints à résider dans un espace unique : le même circuit des domiciles, bureaux, autoroutes, vacances et aéroports toujours identiques. "
in girum imus nocte et consumimur igni
extraits - 9 minutes 16
témoignage de Stéphanie Granel
Monteuse du film In girum imus nocte et consumimur igni (Guy Debord,
1978), à l’occasion de la sortie de l’intégrale « Guy Debord cinéaste » en salles et en DVD
" (...) nous partions en projection : Guy Debord avait demandé des copies de certains films à son ami et producteur, Gérard Lebovici, qui possédait une salle à Paris. Ensemble, nous regardions Les Enfants du Paradis (Carné), La Charge de la Brigade légère (Michael Curtiz), etc. Debord signalait les passages qu’il voulait utiliser, et Alice les notait. Ensuite, nous foncions en salle de montage, dans les labos GTC à Joinville-le-Pont, et nous convertissions tout en 35 mm, format 1.33 - format des premiers écrans de télévision, assez carré. Le temps de faire une copie, bien sûr, un ou deux jours s’écoulaient. Les films étaient donc « empruntés à long terme » aux distributeurs ou aux ayants-droits, sans leur accord et sans qu’ils sachent que nous en utilisions des extraits. Puis les films leur étaient rendus. Debord procédait à ce vol de façon manifeste et volontaire, sans doute car il estimait que personne n’avait à revendiquer la propriété d’une image. Et Lebovici était complice, il savait qu’il prenait un risque...(..) " propos receuillis par Benjamin Bibas pour fluctuat.net
petite reflexion amusante: pour realiser la Classe Americaine,
Hazanavicius et Mezerette avaient eux aussi emprunté des films au catalogue warner
en trompant la major quand a l'intention veritable de leur projet.
En cela , ils ont en quelques sorte perpetué l'acte de Debord des decennies plus tard .
ils lui rendent d'ailleurs hommage en l'associant au generique de " la classe Americaine "
et un plus discret dans " Derrick contre superman "
avec une devinette assez capillotractée du lieutenant de Derrick :
" est ce que vous connaissez le vrai prenom de matt houston parce que matt c'est bidon ,
son vrai prenom c'est gédebord parce que gédeborouston " ( j'ai des beaux roustons ) -
What's up Tiger Lilly
( Lilly la tigresse ) Woody Allen 1966
Le véritable ancêtre de la classe americaine. Premier film de Woody Allen (en tant qu'auteur), et sorti récemment en DVD.
Pas un chef d'oeuvre de spiritualité auquel l'auteur nous a depuis habitué .
Le fait de suivre strictement le cours
du flim original a peut etre été un carcan,
empechant ainsi une plus grande creativité .
L'histoire:
Phil Moskowitz se lance à la recherche d'une recette de salade d'oeufs durs dont dépend le sort du monde. il aura fort à faire face à une bande de Yakusas déchaînés.
Ce projet lui a été proposé par le producteur Ben Shapiro qui détenait les droits du long métrage. Woody Allen a racheté un film d'espionnage japonais:
"Kokusai Himitsu Keisatsu: Kagi No Kagi" (1965) Directed by Senkichi Taniguchi;
et a remplacé les voix par la sienne et celles de ses amis sans trop se soucier de l'histoire originale (la recherche d'une machine cryptographique), offrant une parodie délirante du film de gangsters.
A voir en VOST, l'humour de Woody Allen et ses references supportant mal la traduction française, surtout s'agissant d'un film de délire total.
Livrés à eux-memes, les doubleurs incontournables de l'époque, trop académiques et trop traditionnels, (Francis Lax, Jacques Thebault, Raymond Loyer) ont eu du mal à s'adapter à cet exercice délirant
Lily La Tigresse" a été désavoué par Woody Allen à sa sortie.
Le futur cinéaste a attaqué en justice son producteur pour qu'il ne sorte pas le film en salle. Celui-ci avait fait des modifications qui paraissaient déplacées au dialoguiste. Woody Allen retira sa plainte devant le succès critique du film.
A noter: Allen en profite pour integrer des intermedes musicaux de ses potes, l'orchestre les "Lovin Spoonful".
En plus du film original japonais avec ses vrais dialogues, il existe plusieurs versions de Lily La Tigresse. Plusieurs lignes de dialogue, jugées sans doute déplacées, ont été modifiées lors de la sortie vidéo américaine du film
Petite precision sur le principe du detournement
Le générique de fin mérite d'être
souligné:
Affalé sur un divan, Woody Allen croque une pomme au coté d'une strip-teaseuse à la poitrine avantageuse
.
Un texte défile et annonce très classiquement que toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant... etc,
puis ce même texte remarque que si vous l'avez lu au lieu de regarder la strip-teaseuse, vous devriez aller consulter votre psychiatre... ou bien alors votre opticien... et le texte de proposer un petit test de vue improvisé.
Derrick contre Superman
michel Hazanavicius - Dominique Mezerette 1992
Conçu et réalisé par Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette
un an avant le grand détournement.
Produit par Eve Vercel et Robert Nador couleur, DUNE/Canal+, durée: 16'00. Avec les voix de Evelyne Grandjean, Patrick Burgel.
Monté à partir d'extraits de: Derrick, Les Aventures De Superman, Dynastie, Starsky Et Hutch, Matt Huston, Le Petit Train De La Mémoire, Le Prisonnier, Droles De Dames, Kung-Fu, Les Chevaliers Du Ciel, Cote Ouest, Amicalement Votre, Le Saint, Maigret, Belle Et Sébastien.
Le pitch: Derrick veut recréer une nouvelle nouvelle chaîne "La 5" (la précédente de Berlusconni ayant connu la fin qu'on connait), il va faire appel à différentes personnalités, mais les héros de M6 ( Superman, Roger Moore et Patrick McGoohan vont tenter de contrecarrer ses plans.
Le Triomphe de Bali Balo
michel Hazanavicius - Dominique Mezerette 1993
ou
"L'Invasion des Pervers Polymorphes";
ou "la Splendeur De La Honte".
Diffusée sur Canal + pour un spécial "Ca Cartoon", rebaptisé
pour l'occasion:
"ça détourne", l'émission est destinée aux enfants, ce qui explique le ton
assez niais de Philippe Dana et Valerie Payet).
Ces derniers sont chargés par Bugs Bunny de trouver des idées d'emission pour les jeunes.
Ecrit et réalisé par Michel Hazanavicius,
Daniel Lambert et Dominique Mézerette.
Produit par Eve Vercel, Robert Nador et Michel Lecourt.
Une
entrevue avec les deux créateurs de la Cogip-participations, ça ne
s’improvise pas. Il faut âprement négocier un rendez-vous au milieu
d’un planning surchargé de réunions « Avenir et bordereau » et
« Progiciel et convivialité », se mettre au jour de la récente fusion
avec les Hollandais et ne pas oublier d’imprimer son badge visiteur à
présenter à l’entrée. Sauf que la Cogip, en vrai, n’existe pas. Cette
entreprise fictive possède bien son site web, a inspiré des heures de
programmes de télévision et plusieurs DVD, mais elle n’est que le
produit de l’imagination délirante de deux doux dingues qui ont fait de
la subversion de la culture d’entreprise par le rire une inépuisable
source d’inspiration.
Loin de la Défense, la multinationale pour de rire de
Nicolas & Bruno a établi son siège social dans une chambre de bonne
au sixième étage sans ascenseur d’un immeuble du IXe arrondissement
parisien. C’est là que ces deux grands malades du management par
l’absurde créent de toutes pièces un univers professionnel plus vrai
que nature, devenu le cadre de la Personne aux deux personnes, leur premier long métrage. Une « comédie du réel » dans laquelle les « garçons »,
comme les appelle leur producteur et mentor Alain Chabat, retracent la
misérable destinée du comptable Jean-Christian Ranu (Daniel Auteuil),
revigoré par l’irruption dans sa vie de Gilles Gabriel (Chabat), gloire
déchue de la variété années 80. Herbert Léonard au service du « fonds de roulement transactionnel », il fallait y penser…
L’un est totalement chauve et dégage une décontraction
nonchalante. L’autre a des cheveux et plus de réserve apparente. Les
différences s’arrêtent là. Ces deux énormes bosseurs sont adeptes de la
même neutralité vestimentaire et aussi inséparablezs
qu’interchangeables dans le travail. Au téléphone, ils répondent
toujours à deux, d’un hilarant et faussement naturel « salut, c’est Nicolas & Bruno dans l’appareil »,
grâce à une oreillette stéréo. Leur ordinateur est doté de deux souris.
Mais pour le reste, c’est-à-dire la nuit et les week-ends, chacun a son
scooter et sa vie de famille bien à lui. Trois enfants et un pavillon
aux Lilas pour l’un, un enfant et un petit loft dans le XXe pour
l’autre. « On est un kolkhoze dans lequel tout est en commun, y compris l’ego »,
dit Nicolas & Bruno. Toute distinction du binôme serait
artificielle, la paire est tellement réglée qu’elle ne se coupe jamais
la parole.
Leur apport très personnel à la culture d’entreprise,
c’est le décalage permanent, la démonstration poussée jusqu’au énième
degré des névroses du monde du travail. « On part toujours de la
comédie, mais sur le fil, entre rire et dépression, tendresse et
détresse, commente Nicolas & Bruno. Lors de nos premiers stages, on
a été marqués par ces scènes où l’on voit des gens fondre en larmes
puis partir juste après dans un fou rire. Les gens ne laissent pas
leurs problèmes à la porte de la boîte, et ce qui nous intéresse, c’est
de capter ce moment où tout dérape, où les masques tombent. » Signe de
l’époque, ces gentils dynamiteurs qui votent à gauche ont opté pour la
poilade plutôt que la critique sociale pour faire la peau aux discours
sur l’entreprise cool, citoyenne et durable. « Le côté chansonnier franc-tireur, ce n’est pas notre truc. » Une seule fois, il y a dix ans, ils se sont engagés « frontalement »
en faisant dire à Adriano, leur doublure ridicule de boys-band sur une
telenovela vénézuélienne, que les électeurs du Front national, à la
différence de lui, « ne feront pas la grasse matinée toute la journée ».
C’était jour de législative à Toulon et à cause d’Adriano, le Conseil
constitutionnel a annulé l’élection. Vaccinés, les garçons.
Ils sont nés à Versailles de pères banquier et
magistrat et se sont rencontrés à Notre-Dame-des-Grands-Champs à l’âge
où l’on rêve de belles choses. « Dans la vie, en
général, les gens veulent s’en sortir. A Versailles, c’est différent ;
il faut en sortir, échapper par tous les moyens au scoutisme, au
catéchisme. » Leurs premiers boulots d’été en supermarché ou à
l’accueil d’agences bancaires fournissent la matrice de leurs
déconnades. Accros à la vidéo, ils louent leurs premières caméras,
s’initient à l’art du détournement : faux clips, doublages et autres
caméras planquées. En terminale, ils essaient de financer leur premier
film en montant un Feydeau avec le prof de philo. Raté, le prof part
avec la caisse. Fans d’Objectif Nul, des
comédies-tranche de vie des années 70 et 80 (les films d’Yves Robert,
Clara et les chics types, Pour cent briques, t’as plus rien, etc.), ils
étudient, l’un le cinéma et l’autre à Sciences-po, sans jamais cesser
d’expérimenter, d’espionner des séminaires Herbalife et des salons
d’entrepreneurs. Jusqu’au jour où un de leurs copains chez Virgin leur
signale que leurs « conneries pourraient être rémunérées ».
Ils y réalisent des petits films en interne et se retrouvent à faire
rire les commerciaux sur des doublages de films porno dans le cadre
d’improbables séminaires « force de vente ». Ils
tâtent de la pub chez Young & Rubicam où ils rencontrent Frédéric
Beigbeder, qui leur confie quelques potacheries publicitaires et dont
ils écriront le scénario adapté de 99 francs. Un
parcours qui ne pouvait finir que chez Canal +, où Alain de Greef ira
jusqu’à mettre une équipe de quinze documentalistes à leur disposition
pour écumer les fonds de tiroir des films institutionnels d’entreprise
du monde entier. Ils en tireront plus de 300 doublages pour des Messages à caractère informatif réalisés, par exemple, à partir d’un film de formation pour ambulanciers en RDA.
Longtemps anonymes, ces « Daft Punk du rire »,
comme l’avait titré un jour un hebdo culturel en raison de leur refus
obstiné de montrer leur tête à la télé, sont en réalité des employés
modèles à leur propre compte. Ils travaillent à heures fixes, de 9
heures à 19 heures, sont toujours intermittents du spectacle, n’ont pas
créé de boîte de prod, ne savent « vraiment pas, sincèrement »
combien ils gagnent. Ces entomologistes de la cravate-moustache font
tout de même partie de cette nouvelle génération qui se sert de la
Toile pour faire vivre et prolonger ses créations. Outre le site de la
Cogip, traduit en vrai néerlandais, leurs personnages ont leurs pages
Myspace et Facebook .
En dehors de l’entreprise où ils n’ont jamais
réellement travaillé, les garçons avouent un faible pour la photo, avec
une prédilection pour l’hyperréalisme d’un Martin Parr ou du Suédois
Lars Tunbjörk, qui a passé trois ans de sa vie à immortaliser… des
bureaux. Ils raffolent des mélodies d’ascenseur et du easy listening le
plus bizarroïde. Ils citent un livre, Gros-Câlin de Romain Gary (tous leurs mails se concluent par « gros poutous »),
un pays, l’Inde, et un autre objet de fascination que l’entreprise
ripolinée minitel : Bollywood, thème de leur prochain film. Nostalgie
permanente et kitsch ? « Pas du tout, on n’est pas fans
de Casimir. Ce qui nous obsède, c’est l’esthétique du réel, l’image
plus vraie qu’en vrai. Notre plus grand bonheur, ce serait qu’en
croisant Auteuil dans la rue, les gens lui demandent comment va son
boulot à la Cogip. »
le multi : differents traitements d'une meme scene ( fait parti des inedits du dvd )
amour gloire et debats d'idees etait diffusé dans le cadre du le Vrai Journal
( 38 épisodes, C+ 1997/98)
Les Cadavres Ne Portent Pas De Costards - 1982
Réalisateur: Carl Reiner.
( qu'on a vu incarner "Saul Bloon" dans "Ocean Eleven" )
(
Avec Steve Martin, Rachel Ward, Reni Santoni, Carl Reiner, George Gaynes, Frank McCarthy, Adrian Ricard, Sr Charles Picerni 1h31
Le pitch : Rachel Ward fait appel au detective Steve Martin pour retrouver son père disparu.
Ce film détourne des extraits de classiques des années 40-50,
grâce à l'utilisation de filtres qui uniformisent les scenes entre elles, et à d'excellentes incrustations d'images.
pour que les champs et contrechamps soient raccord, il a fallu recreer egalement les decors de l'epoque ( travail gigantesque )
Le scenario, somme toute classique et sans surprises, tient néanmoins bien la route, ce qui donne à ce film un statut de film noir à part entière.
Steve Martin semble ainsi donner la réplique à :
Ava Gardner, Burt Lancaster extrait de: "The Killer"
Humphrey Bogard dans "Le Grand Sommeil"
James Cagney dans "L'Enfer Est à Lui"
Cary Grant dans "Suspicion"
Joan Crawford dans "Humoresque"
Ingrid Bergman dans "Les Enchainés"
Vincent Price, Charles Laughton dans "The Bribe"
Ray Milland dans "The Poison"
Barbara Steinwick dans "Raccrochez, C'est Une Erreur"
Lana Turner, Edward Arnold dans "Johnny, Roi Des Gangsters"
Lana Turner dans "Le Facteur Sonne Toujours 2 Fois"
Kirk Douglas dans "L'homme Aux Abois"
Le sourcil circonspect et le sourire en coin de Steve Martin (cf. "The Three Amigos" *** ) font ici des merveilles pour caricaturer le personnage emblematique et stereotypé du detective privé.
le film est dedié a edith head , la grande costumiere d'hollywood don't c'etait le dernier travail
Ce fut egalement le dernier film du célebre compositeur Miklos Rozsa, qui du pour ce film, retrouver des musiques qu'il avait composé pour certains d'entres eux des années auparavant.
Kung Pow -
( 2002 Steve Oedekerk )
"Enter The Fist" De Steve Oedekerk. ( auteur egalement des parodies tournées avec des pouces, la série de "Thumbs")
mais il a egalement realisé "Ace Ventura" et les "Professeur Foldingue"
Avec Steve Oedekerk, Fei Lung, Jennifer Tung, Philip Tan, Tad Horino, Ron Yuan,Woon Young Park, Joon B. Kim, Leo Lee, Ling Ling Tse, Lin Yan. 81 minutes.
Détournement d'un vieux film de kung-fu "Hu He Shuang Xing" (sorti en Chine en 1976) dans lequel Oederkerk a incrusté de nouvelles scenes tournées en 2002
Cette technicité sans faille d'incrustations d'images est mise au service de gags parfois tout pourris et c'est ça qui est irresistible
( les doublages sont même parfois déliberement décalés).
Une scene est passée à la posterité: celle du combat du heros face à une vache (avec projection de lait façon bullet-time à la Matrix).
a noté egalement qu'oedekerk affiche un physique impressionnant ainsi qu'une maitrise evidente des art martiaux, ce qui n'est pas donné a tous les realisateurs mis a part alfred hitchcock .
A voir impérativement en VO (sinon, s'abstenir, pour cause de très probable déception) certains délires d'oedekerk etant difficiles a doubler , ils ne valent le coup que si on entend la voix de son auteur comme par exemple cette chinoise qui ne s'exprime qu'a base de RRrrr ou de OUIOUOuuuii
Cette comédie loufoque et absurde est definitement Kûlte
Dans cette scene Oedekerk détourne les codes et clichés des combats des vieux films de kung fu , notamment ces gros plans faciales zoomés a l'arrache
exemple d'effets speciaux : Oedekerk est filmé avec un acteur sur fond bleu dans la meme position que le personnage de la scene originale puis est incrusté en numerique .
Thumbs ( Steve Oedekerk 1999 - 2002 )
impossible d'evoquer kung pow sans parler de la serie des thumbs , pas des detournements , mais des parodies du meme realisateur qui mettent en scene des pouces sur lequel ont ete rajoutés numeriquement des yeux et une bouche.6 films d'une demi heure environ ont ete realisés de 1999 a 2002
source :www.chez.com/cycyr/
Thumb Wars
1999
Thumbtanic
1999
The Blair Thumb
2001
Bat Thumb
2001
Frankenthumb
2002
The Godthumb
2002
La Vie Privee Des AnimauX - Patrick Bouchitey
Détournement avant-gardiste de documentaires animaliers.
Doublé avec efficacité et sans fioritures (un micro, une réverbe et des bruitages reduits au minimum) par Patrick Bouchitey.
Cette oeuvre sans prétention
et unique en son genre a eu ses heures de gloire sur le petit écran au debut des années 90.
Dommage que l'auteur n'ai pas
persévéré dans cette voie.
Dispo en dvd depuis Noël 05
dans l'extrait qui suit :
"a la tv , j'aime bien les debats
politiques ,avec alain juppé , il l'a pas payer l'appartement , il la pas payé ! "
une interview de 2008 de Bouchitey sur ses doublages animaliers
extraits :
" mon style ? je suis pas un imitateur , mais je me suis aperçu que
j'avais une technique que j'avais elaboré avec beaucoup de travail ,
le fait que ce soit uniquement ma voix ,donne un style a l'ensemble ."
" je prend des petites voix pour faire parler les petits animaux
ou les femmes ou je joue sur les graves pour d'autres ."
"mais ce ne sont pas tellement les accents
ou les changements de voix qui comptent mais
plutot d'etre juste dans la partition et dans le rythme
de la situation que nous offrent les animaux "
"je prend beaucoup de temps a faire des dossiers,
a faire des images et les monter,
le montage est tres important mais en dernier lieu ,
bien que j'ai pris des notes quand je dois les doubler ,
c'est basé sur une certaine forme d'improvisation
pour pouvoir etre totalement dans l'animal "
"ce travail est tres inconscient, et revelateur de sa pensee,
il ne faut pas avoir peur de dire des betises,
si on se laisse aller , on peut facilement tomber dans le pipi-caca,
le detournement est un bon exercice pour les autistes ou les introverti de la paroles
qui permet de tenir des propos que l'on seraient incapable de sortir dans notre quotidien
dans cette scene de son film " Lune Froide " , Patrick Bouchitey nous gratifie, biere a la main, d'un petit détournement devant sa télé en freestyle, exercice basique auquel certains d'entre nous se sont deja livrés un jour ou l'autre . film daté de 1991, il faut reconnaitre que bouchitey est vraiment un des pionniers de la discipline . respect .